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Quand des citoyens béninois s’adressent à leur classe politique [Chronique Roger Gbégnonvi]

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A la veille, encore un peu lointaine, des prochaines élections législatives de 2023, la classe politique béninoise est dans une certaine ébullition qui, de toute façon, ne peut et ne doit entraîner l’ébouillantement des 1er et 2 mai 2019, parce que « ça, ce n’est pas nous ». Ceci dit, et pour éloigner le Bénin à tout jamais de tout dérapage sanglant, qui n’appartient pas aux us et coutumes politiques du Bénin, il convient d’élucider deux éléments de langage pouvant, si l’on n’y prend garde, prêter à confusion et, possiblement, à confrontation.
La première élucidation concerne ce que l’on dit à nouveau dans la classe politique béninoise, dans la diaspora béninoise et dans certaines chancelleries occidentales : « Il faut que les prochaines élections législatives soient inclusives. » Et l’on oublie de préciser « dans le cadre de la loi et des nouvelles règlementations ». Elles sont sévères, draconiennes, pour « empêcher la foule d’entrer », pour éviter au Bénin la paralysie dont le rendaient victime ses 280 partis politiques. Aujourd’hui, c’est un véritable parcours du combattant que de créer un parti politique, et c’est très bien ainsi. Ceux qui auront franchi tous les obstacles pour entrer au Palais des Gouverneurs emporteront l’estime et le respect du peuple. En tout état de cause, le Bénin politique, aujourd’hui et demain, peut se construire avec trois ou cinq partis politique solides et bien implantés dans chacune des 77 Communes. Les nombreuses bonnes volontés recalées se recycleront au service du pays au sein de la société civile, où elles œuvreront pour l’alternance politique et pour le développement du Bénin.
La deuxième élucidation concerne le projet d’un « Cadre de concertation… » Des membres de l’opposition y seraient hostiles, par peur de donner l’impression que l’opposition politique cautionne l’Exécutif alors qu’elle le combat. Or c’est la démocratie qu’il s’agit de cautionner dans l’intervalle des élections pour que l’ensemble de la classe politique continue de se parler, quel que soit le bord politique auquel on appartient puisque tous les bords politiques appartiennent au Bénin et à la démocratie béninoise. Et qui doit organiser ledit cadre ? Naturellement le Chef de l’Exécutif, le seul élu de l’ensemble du peuple ! Qu’il en profite pour tirer le drap à soi, c’est normal, et il a y a fort à parier que l’opposition, au sein dudit cadre, rivalise d’ardeur pour tirer, elle aussi, le drap à soi, c’est normal.
Se parler entre responsables autour de projets dont la réalisation lancera le Bénin sur les chemins du progrès à la satisfaction des générations présentes et futures. Deux exemples de projets réalisables : 1- Imposer à tous les Béninois la pratique de l’écriture, la clé de tous les progrès. Les Centres d’Eveil et de Stimulation de l’Enfant (CESE) auraient dû servir à l’absorption de cette potion vitale et libératrice. En quelques mois, en s’amusant, l’enfant âgé de trois ans a appris à écrire sa langue maternelle dont il n’a pas à apprendre les mots parce qu’ils lui sont familiers. A partir de là, s’il est fasciné plus tard par les performances de la Chine et veut écrire le chinois, ce lui sera chose très facile. 2- Imposer la suffisance alimentaire en invitant les ingénieurs agronomes béninois à travailler sur les légumes, les céréales et les féculents du Bénin, et sur des fertilisants naturels en abondance. La récente démarche des pays africains à Sotchi, une démarche humiliante, fait obligation au Bénin de relever le défi alimentaire à son bénéfice et au bénéfice des pays voisins. C’est possible.
Et il est au pouvoir et du devoir de la classe politique béninoise de « Redécouvrir tous les possibles » pour que se lève et rayonne le Bénin. La politique, ce n’est pas du business au Parlement, c’est l’art, difficile, de gérer la cité, de faire rêver les citoyens et de les amener à réaliser leurs rêves. Pas de métier plus noble. Pas de vocation plus noble. Et voici la classe politique béninoise s’y atteler mieux que jamais dès les prochaines élections législatives.

Roger GBÉGNONVI

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