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Lutte contre le terrorisme au Bénin : Ce que propose Expédit Ologou

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L’ampleur de la menace terroriste pour la sous-région en particulier pour la zone frontalière entre le Bénin, le Burkina Faso et l’Atakora nécessite des actions pragmatiques pour le futur immédiat et moyen. Le docteur en sciences politiques et expert en sécurité et défense, Expédit Ologou, en propose dans une réflexion intitulée “Terrorisme au Bénin : pistes pour une gouvernance réaliste”, publiée le 22 février 2022.

Recoudre le tissu social, accorder une attention soutenue aux plus pauvres, initier de sérieuses réformes dans la réforme (en cours) de la décentralisation, réinventer les politiques publiques sociales sous régime d’urgence sécuritaire, et éviter que les décisions politiques soient source de polémique sont les actions que propose le spécialiste des sciences politiques pour le futur immédiat et moyen.

Sur le premier point, celui de la re-couture du tissu social, Expédit Ologou, sollicite des pouvoirs publics « d’entendre les grondements, les mécontentements qui traversent le corps social » afin de faciliter « une revitalisation des relations civilo-militaires ». Cette politique publique de paix selon lui, permettra de panser les blessures issues des altérations des relations des citoyens avec les forces républicaines dues aux affrontements survenus notamment aux lendemains des scrutins législatif de 2019 et présidentiel de 2021, afin d’instaurer et de conserver un climat de confiance entre les béninois et les forces de sécurité et de défense.
En second lieu, il souhaite une attention soutenue aux plus pauvres, susceptibles d’être favorables à tout offre pour ‘’survivre’’. Ils sont de ce fait assimilés aux « plus riches dont le terrorisme a besoin ». C’est pourquoi il préconise qu’un « accent rigoureux soit mis sur les ‘’politiques de l’attention’’ qui ont été jusqu’ici les points faibles de la gouvernance actuelle du pays » puisque, soutient-il, « l’attention respectueuse des conditions sociales des plus vulnérables et des indigents de la société est un point de départ intéressant ».

Dans la suite de sa réflexion, le président de la Civic Academy for Africa’s Future (CiAAF), relève que « malgré la promesse d’un meilleur traitement matériel et financier des maires et conseillers communaux, leur dépossession de la gouvernance politique exécutive des communes et, par conséquent, leur privation d’emprise sur celles-ci constituent une source non négligeable de frustrations profondes. Il peut en découler le désengagement insidieux des élus et l’abandon des défis importants dans les mains éventuellement fébriles et néophytes du Secrétaire Exécutif ». En cela il souhaite une réforme de la réforme de la décentralisation notamment dans les communes concernées par le fléau, afin que le Secrétaire Exécutif ne devienne, « dans des communes sous attaques et/ou menaces terroristes, une guirlande dans un décor déjà confus et volatile et, par suite, une partie du problème au lieu d’en être l’une des pistes de solution ».

Il suggère aussi une réinvention des politiques publiques sociales sous régime d’urgence sécuritaire devant permettre aux décideurs à divers niveaux d’adapter les choix politiques à faire au contexte terroriste qui prévaut. C’est pourquoi il indique à cet effet « la réorganisation de la cartographie et du calendrier scolaires dans les zones cibles des menaces et/ou attaques terroristes en fonction des éventuelles trajectoires du phénomène et l’introduction, du primaire à l’université, des modules d’enseignement sur l’extrémisme violent, afin de préparer (les apprenants ndlr) à avoir des réflexes utiles voire indispensables pour la sécurité collective. »

Enfin, Expédit Ologou invite les décideurs politiques à divers niveaux à veiller à ne pas créer de polémique dans leur différente décision afin d’éviter des controverses inutiles, pouvant entraver la cohésion sociale, indispensable pour les initiatives éventuelles d’attaque ou de riposte.
Le lourd bilan des frappes terroristes répétées survenues dans les zones frontalières avec le Burkina Faso et le Niger, depuis décembre 2021 a fait de la situation sécuritaire dans le nord Bénin le centre d’intérêt de plusieurs réflexions d’universitaires ou de politique dans la commune intention d’enrayer le phénomène.

Joseph TOMONDJI

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