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Tabagisme au Bénin: L’ONG IECT exhorte les journalistes à œuvrer pour l’application effective de la loi antitabac

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La plateforme des organisations de la société civile engagées dans la lutte antitabac au Bénin a convié le 18 août 2021, une vingtaine de journalistes à une conférence-débat. Objectif : faire l’état des lieux du tabagisme au Bénin et impliquer les journalistes dans la lutte pour l’application effective de la loi antitabac. Organisée au centre Les joyaux à Abomey-Calavi sous la houlette de l’ONG Initiative pour l’éducation et le contrôle du tabagisme (IECT) avec le soutien technique et financier de la Fondation pour le renforcement des capacités en Afrique (ACBF en anglais), la conférence a aussi connu la participation de plusieurs préfectures.

Principale cause évitable de décès dans le monde, le tabagisme continue d’être une réalité préoccupante au Bénin, malgré le vote de la loi n°2017-27 du 18 décembre 2017 relative à la production, au conditionnement, à l’étiquetage, à la vente et à l’usage des produits du tabac et assimiles. Le fléau a même tendance à s’aggraver chez les jeunes qui, avec les femmes, constituent les cibles favorites de l’industrie du tabac. Malgré les dégâts connus et reconnus du tabac sur la santé, cette industrie ne lésine en effet sur rien pour recruter ses clients parmi ces cibles vulnérables.
Au Bénin où ils sont de plus en plus jeunes et nombreux à griller leur première cigarette, les fumeurs ont l’embarras du choix. Produits aromatisés, conditionnements attrayants, installation de points de vente à proximité des écoles, lycées, universités, tout est mis en œuvre pour les attirer plus jeunes, de manière à les rendre dépendants le plus tôt et le plus longtemps possible.
Dans sa présentation intitulée «Tabagisme : ce que la jeunesse doit savoir (Risques du tabagisme) », Dr Eugène Gbédji, médecin de santé communautaire, a donné aux journalistes donné un aperçu du mal à divers niveaux. Chaque année, le tabagisme tue plus de 8 millions de personnes, et plus du 10ème des non-fumeurs de ces décès sont involontairement exposés à la fumée du tabac. Au Bénin, la prévalence du tabagisme chez les adultes est 16 %. Chez les adolescents de 10 à 19 ans, elle est de 9,2 %. Elle diminue avec le niveau d’instruction et augmente avec l’âge. Ainsi passe-t-elle de 18,9% chez ceux qui n’ont aucune instruction, pour tomber à 4,0% chez ceux ayant un niveau universitaire. Le tabagisme est aussi plus fort en milieu rural (19,5 %) qu’en milieu urbain (9,4%), et augmente avec l’âge (11,6% chez les 25 –34 ans et 21,3% chez les 55 –64 ans).

La chicha, ce tueur que les jeunes adulent

Ces dernières années, l’industrie du tabac a trouvé dans la chicha une autre stratégie de recrutement de sa cible préférée, les jeunes. Aussi appelée “narguilé”, “narghilé” ou “hooka” cette pipe à eau de taille variée, destinée principalement à fumer du tabac ou d’autres produits parmi lesquels des drogues illicites, est de plus en plus prisée chez la couche juvénile, malgré sa toxicité pour la santé. Une étude de chercheurs béninois parue dans la Revue des maladies respiratoires en janvier 2020 a fait état de ce que la prévalence de la consommation du tabac par la chicha en milieu estudiantin à Cotonou était de 13,86 % en 2018.
Le mal n’est pas l’apanage de Cotonou et gangrène tout le Bénin. Pour l’éradiquer, les préfets des 12 départements ont pris des arrêtés pour interdire la consommation de la chicha dans les lieux à usage collectif, contribuant à quadriller l’ensemble du territoire national. Le gouvernement a quant à lui adopté l’arrêté portant définition des avertissements sanitaires graphiques et écrits à imprimer sur les emballages de cigarette et autres produits du tabac en République du Bénin.

Les média appelés à s’impliquer, la société civile distingue le préfet du Zou

Malgré ces avancées, beaucoup reste à faire cependant car, depuis 2017 qu’a été votée et promulguée la loi antitabac, son application n’est toujours pas effective près de quatre ans après. C’est pourquoi, conscient du rôle et de l’influence des médias en tant qu’agents de changement, Augustin Faton, le président exécutif de l’ONG IECT, a exhorté les journalistes à s’impliquer davantage pour l’application effective de la loi pour qu’enfin les lignes bougent. « Nous attendons que les hommes des médias deviennent des relais pour porter l’information aux populations mais également aux décideurs pour qu’au-delà des arrêtés et de la loi, nous passions réellement à l’action».
A noter que la conférence-débat a connu la participation des représentants des préfets du Zou, de l’Ouémé et de l’Atlantique. Pour avoir pris le lead dans la lutte contre la chicha, la préfecture du Zou s’est vu décerner un trophée d’encouragement par la société civile engagée contre la tabac. Pour être mieux imprégnés du fléau du tabagisme et prendre la mesure de leur partition pour son éradication, les journalistes ont eu droit à plusieurs communications en plus de celle de Dr Gbédji. « Historique de la lutte anti-tabac au Bénin : le parcours jusqu’à la nouvelle loi », présenté par Augustin Faton ; « Etats des lieux de la lutte anti-tabac : quoi de neuf ? », Dr Judith Sègnon, point focal de la lutte anti-tabac au ministère de la Santé Dr Judith Sègnon, et « Lutte anti-tabac : les implications de la nouvelle loi anti-tabac », présentée par Blandine Yaya Sintondji de la plateforme Halte tabagisme au Bénin.

Flore NOBIME

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