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Chronique

Autopsie d’un complot politique béninois [Roger Gbégnonvi]

Fort des révélations faites le 5 mars 2021 par le Ministre Modeste Kérékou, on peut penser que les messages WhatsApp du 23 décembre 2018 lui étaient bel et bien destinés, car c’eût été un franc succès que de le recruter avec son frère pour que la magie du nom soit tout du même bord, et que les Béninois, surpris, croient que de là-haut, le Général bénit les gens décidés à torpiller son pays. D’ailleurs, alentour desdits messages, un grand devin consulté avec un gros magot, fit dire à l’Oracle qu’une femme dirigera le Bénin. Car depuis quelque temps, les prêtres du FA traficotent la divinité dans le sens du désir maffieux ou du souhait funeste du client, pourvu qu’il paye gros. Business de la prophétie à l’encan, et qui a rendu fiches les devins qui s’y adonnent. Deux commandos prêts à l’assaut sont le Front pour la Restauration de la Démocratie et le Groupe National de Contact. Leurs membres n’ont pas eu besoin que le FA traficoté les rassurât, il leur a suffi de voir le Bénin progresser et leurs prébendes régresser pour comploter vaillamment le retour du Bénin à la désespérance. Les tombeurs de Soglo avaient usé du même stratagème : ériger en armada les Béninois de mauvaise foi pour arrêter le progrès afin qu’eux seuls soient les gens aisés, instruits et soignés au Bénin. C’est donc l’histoire qui bégaie, mais qui point ne se répétera.
Cette fois-ci pourtant, au grief sordide de ‘‘nous, on ne mange plus autant qu’avant’’, est venu s’ajouter le triste sort de ceux qui ont choisi de s’exiler et qui font pression forte : « Amis, sortez le grand jeu maintenant ! Ne nous laissez pas vieillir et mourir en exil. On a du pognon pour vous. » Ils peuvent avoir encore des sous à jeter dans une cause perdue d’avance parce que le bilan matériel de la Rupture plaît au peuple. Mais nous pouvons, par humanisme et générosité, aider les exilés à s’en sortir. Dès après le 11 avril 2021, dès le début du second élan du Nouveau Départ, il serait bon que des Béninois de bonne volonté parlent avec le Chef de l’Etat pour voir avec lui comment nos compatriotes, partis d’eux-mêmes en exil, pourraient revenir pour rendre des comptes dus et commencer à purger leur peine avec, avant le bout du tunnel, une possible remise de peine pour services autrefois rendus au Pays. Car l’impunité, c’est fini ! Force doit rester à la loi ! La même loi pour tous !
On ne peut finir cette autopsie sans diriger le scalpel vers le cœur du complot, cœur refréné mais dont le battement fut frénétique. Il a 46 ans, et le succès sans frontières est son pain quotidien. Ne lui reste donc qu’à s’offrir la Marina pour être au pinacle de sa trajectoire des Mille et Une Nuits. Il se met donc en régime turbo. Vertige et tourbillon. Séduction. Jactance et Scintillance. Tout y passe. Et le voilà coryphée, porte-étendard d’une opposition politique sans véritable leader. Il est – on l’en convainc et il le croit bien volontiers – l’unique cœur pouvant rallier les Béninois de mauvaise foi parce qu’il a le magot pour la besogne. Il a accepté comme s’il avait une vengeance personnelle à assouvir contre le Bénin. Mais, ô cœur admiré, il n’y a jamais de vengeance personnelle à assouvir contre son pays.
Pierre Joseph Proudhon devint socialiste pour la quête de la justice. Ses écrits ont inspiré Karl Marx et ses disciples. Il ne croyait pas en Dieu. Aussi, après avoir fait le tour des choses, c’est à l’ironie, « Maîtresse de Vérité », qu’il demanda de le délivrer de toutes les sortes de vanités. Il le fit dans un texte, leçon possible pour les cœurs emportés : « Ironie, vraie liberté ! c’est toi qui me délivres de l’ambition du pouvoir, de la servitude des partis, du respect de la routine, du pédantisme de la science, de l’admiration des grands personnages, des mystifications de la politique, du fanatisme des réformateurs, de la superstition de ce grand univers et de l’adoration de moi-même. » Ah, cette boursouflure de nos egos ! Réussir à nous en délivrer sera la rédemption de l’homme, la rédemption du monde.

Roger GBÉGNONVI

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