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Les Béninois et la presse : « nous ne sommes pas prêts à payer mais nous voulons de l’information crédible », dénonce Hermann KEKERE

Dans un entretien à nous accordé le 8 janvier 2021, Hermann Kekere, administrateur principal du Groupe d’action pour le progrès et la paix (GAPP-Afrique), qui était en conférence inaugurale à l’Ecole nationale des sciences et techniques de l’information (ENSTIC-UAC) à l’Université d’Abomey-Calavi, autour du thème “Journalisme et protection des sources dans un Etat démocratique”, a appelé les Béninois à sortir de l’argent pour avoir de l’information crédible. Le juriste Béninois, et juge de paix au Canada répond ainsi aux critiques faites à la presse selon lesquelles les médias sont soit des griots de l’opposition ou de la mouvance présidentielle.

Les Béninois font de moins en moins confiance aux médias. Sur les réseaux sociaux ou à certaines rencontres, les journalistes sont souvent accusés de donner des informations partielles, superficielles voire ne pas donner la vraie information au public. Certains pensent qu’ils sont achetés par le pouvoir en place ou par l’opposition selon le cas.

Hermann Kekere affirme avec force que l’information crédible est vitale pour un pays démocratique. Mais il faut en payer le prix plutôt que d’accuser la presse de ne pas faire son travail. « Il faut que les populations africaines surtout celles francophones cessent de faire des combats par procuration », prévient d’emblée l’homme de droit, juge au Canada.

« Nous ne sommes pas prêts à payer pour l’information mais nous voulons de l’information crédible », constate Kekere. Et d’avertir : « Il n’y a pas de miracle.» Pour cela, il faut, plus que jamais, que les populations se donnent les moyens de ce qu’elles veulent en accompagnant financièrement les entreprises de presse. « Les journalistes, il faut les payer. Un organe de presse, ça vit de l’argent. Une enquête ça coûte de l’argent », a-t-il énuméré. Car « le journaliste, c’est un être humain qui a des besoins, qui a besoin d’un salaire, qui a besoin d’être protégé », a poursuivi le juge de paix. Or pour lui, il y a un lien étroit entre les sources de financement de la presse et sa crédibilité : « Les sources financières constituent une source de protection. Si nous voulons que les journalistes ne soient plus les griots de soit l’opposition ou de la mouvance, payons les journaux. Nous pouvons exiger de la qualité des journaux quand nous allons commencer à payer les journaux, payer les journalistes. Nous pouvons faire du socio-financement. C’est cela qui va permettre au journaliste de faire bien son travail. »
« Est-ce que nous sommes prêts à acheter le journal ? Est-ce que nous sommes prêts à payer les abonnements ? », s’interroge-t-il.

Hermann Kekere, face aux étudiants de l’ENSTIC

De la protection des sources à la crédibilité de l’information

Le juriste a rappelé que le journaliste ne crée pas l’information mais il la relaie car l’information vient toujours d’une source. D’où il se pose la question : « Comment le journaliste peut relayer l’information sans être obligé de livrer sa source, dans un espace où il n’y a pas de loi qui protège la source du journaliste ? »
Il invite alors tous les acteurs à la mise en place d’une législation qui protège les donneurs d’alerte et les sources des journalistes. « Sans cela, qu’est-ce que le journaliste va révéler ? Il sera tout simplement un griot d’un camp contre un autre. Et l’information ne peut pas être crédible », a-t-il conclu.

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