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Décentralisation au Bénin : « Il faut que le Maire soit un récalcitrant, un réfractaire aux textes existants pour évoluer », constate Charles Toko

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L’ancien maire de la municipalité de Parakou, Charles Toko n’est pas d’accord avec les textes qui régissent la décentralisation au Bénin en matière de transfert de compétences. Il l’a fait savoir le jeudi 10 décembre en énumérant quelques obstacles auxquels font face les maires.

« La seule compétence reconnue aux communes, c’est de construire quelques salles de classe encore que là le financement vient des fonds FADEC (Fonds d’appui au développement des communes au Bénin). Vous prenez le domaine de la santé au Rwanda, c’est la commune qui décide de la création de la construction d’un hôpital, du recrutement des agents de santé. Au Bénin, c’est non. Troisième exemple, au Rwanda, les directeurs des impôts, les chefs services, au niveau local, tous ceux là sont recrutés par le Maire. » Voici en morceaux choisis, le tableau peint par l’ancien maire de la municipalité de Parakou, Charles Toko. En effet, profitant de la journée universitaire de l’emploi organisée par l’Agence nationale pour l’emploi (ANPE) le 10 décembre à Parakou, l’ancien maire et aujourd’hui premier adjoint au maire de la même ville a fait constater que le transfert des compétences aux élus communaux par l’État n’est pas une réalité.

Journée universitaire de l’emploi

Il conclut donc qu’il faut être un maire “fou” qui décide de se passer des textes pour développer à son rythme sa commune. « Il faut que le maire soit fou et qu’il soit un récalcitrant, un réfractaire aux textes existants pour évoluer s’il veut évoluer », soutient-il. Et d’illustrer : « Quand j’avais pris la mairie de Parakou, le premier problème auquel j’ai été confronté, c’est l’inexistence des professeurs de mathématiques et de physique. J’ai pris la décision ferme de recruter 20 étudiants que j’ai envoyés en formation à Natitingou, 10 par matière. Quand le ministre l’a appris, il m’a saisi automatiquement par écrit pour dire de cesser et de faire revenir ces étudiants. Je n’ai pas répondu une première, une deuxième, une troisième fois, j’ai pris mon papier, j’ai écrit à la main: “Allez vous faire foutre !” Et il ne sait pas que les collèges de Parakou manquent de professeurs de mathématiques? »
Pour l’ancien journaliste devenu homme politique et élu communal, le transfert de compétences est à “7% pratiquement ce qui veut dire zéro”.

Venance TONONGBE

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