lamétéo.info
Chronique

Caricature du prophète Mahomet: Allah et ses enfants infidèles [chronique Roger Gbégnonvi]

Récemment, en France, à Conflans-Sainte-Honorine, on a décapité en pleine rue un professeur infidèle. Peu de temps après, à Nice, à l’intérieur d’une église dédiée à Mariam, Notre Dame de Tous, on a trucidé le sacristain infidèle et trucidé deux chrétiens infidèles venus prier. Quatre frères et sœur infidèles envoyés à trépas pour que soit grand Allah le Miséricordieux, grand par-delà et au-dessus des caricatures du Prophète – la paix soit sur lui.
L’assurance d’Allah tranche avec le louvoiement des parents humains, peut-être trop humains. En culottes courtes, nous leur avons fait avaler mille couleuvres. Pipi au lit alors qu’on n’était plus bébé, école buissonnière à répétition pour avoir le temps d’aller chasser le rat des champs, la marmite vidée de ses bons morceaux, maraudages intempestifs, le tout pour faire complément alimentaire, main basse sur la trousse de Maman cachée sous l’oreiller, mensonges épiques sur une liturgie cosmique prenant à témoin la terre sous nos pieds, le ciel sur nos crânes, et notre première communion, Fleur odorante d’absolues Vérité et Fidélité. Bluffés autant que médusés, nos parents essayaient sur nous chicote, baffes improvisées et si énergiques qu’elles nous révélaient des étoiles sans nombre dans une nuit soudaine et passagère, alors nous sautions par-dessus la palissade, et course-poursuite sur les sentiers, « arrêtez-moi ce chenapan, arrêtez-le-moi ! » On s’en foutait pas mal. Et pour nous faire mal, nos parents essayaient sur nous le vain chantage de notre illégitimité. Non, on n’était pas leur enfant, victime d’une distraction funeste, la sage-femme leur avait refilé un autre bébé, le leur ne pouvait pas être ça, ce rejeton de Satan. On s’en foutait pas mal. On n’avait pas lu Victor Hugo, mais on savait déjà, de science infuse, que nos parents étaient de son avis : « Voyez-vous, nos enfants nous sont bien nécessaires / Seigneur… » Victor Hugo reprochait au Seigneur d’avoir oublié la Miséricorde et d’avoir laissé sa fille mourir par noyade. Il avait sauvé Moïse des eaux, pourquoi pas la petite Léopoldine Hugo ? Nos parents n’eussent pas supporté non plus que le Seigneur laissât le tombeau s’ouvrir sur nous.

Bannière publicitaire

Aujourd’hui, nous avons pris leur place auprès de leurs petits-enfants, et ce n’est pas brillant. Bruits de vaisselle brisée et de casseroles entrechoquées qu’ils ont la folie d’appeler mélodie, musique-techno, comme ils disent. Habillement à la décrochez-moi-ça, malgré tout l’argent que vous y mettez : jean crotté multi-troué mal ficelé sur les fesses, exprès pour laisser voir la couleur du slip, ils ignorent manchettes et cravate, à côté d’eux vous êtes un martien, ou bien ce sont eux les troglodytes. Vous ne savez plus rien. Ils débarquent le samedi à la maison avec des wisigoths de leur espèce, ils veulent faire la fête, et « si ça doit gêner votre sommeil, libre à vous d’aller dormir à l’hôtel ». Vous avez compris. Calmement, vous vous retirez dans votre chambre – c’est encore possible –, vous vous bouchez les oreilles pour épargner les frais d’hôtel non prévus dans votre budget. Vous n’osez même pas leur dire qu’ils descendent de Satan, car vous imaginez l’outrance : « Oui, on le savait, mais vous faites bien de nous le confirmer ». Sous-entendu que c’est vous Satan. Ah les salauds !
Cela dit, si Allah le Miséricordieux se souvient de la tristesse de Victor Hugo dans « A Villequier », s’Il se fait résilient, auguste, comme nos ci-devant papa et maman, s’Il épouse une lueur de la pauvre tendresse parentale humaine, peut-être connaîtrons-nous déjà ici, sur le plancher des vaches, comme un avant-goût du Paradis que Son Prophète – la paix soit sur lui – a promis à ses enfants, tous infidèles, et notamment aux plus coriaces d’entre eux et qui, d’ailleurs, ne décapiteraient plus personne, parce que Allah Le Miséricordieux les aura habillés d’augustes modestie, d’amour aussi, pour les hommes, Ses enfants infidèles, leurs frères infidèles. Car quel homme peut-il s’élever à hauteur de la Vérité et de la Fidélité ?

Roger GBÉGNONVI

Related posts

Ne pas prendre les Béninois pour des benêts

Venance TONONGBE

Pour le Bénin à nouveau retrouvé

Venance TONONGBE

[Chronique Roger Gbégnonvi]: Main tendue aux exilés béninois

Venance TONONGBE

Laissez un commentaire