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Bénin-Nigéria : De l’affaire Hamani à l’incident d’Adja-Ouèrè, des relents de violation des principes de bon voisinage

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Lorsqu’on évoque le Bénin et son voisin de l’Est, le Nigeria, on parle de « pays frères et amis », mais la métaphore sirupeuse illustre mal l’état des relations entre les deux pays quand on se réfère en 2003, à l’affaire Hamani Tidjani et à l’incident actuel d’Adja-Ouèrè suite à la fermeture des frontières entre les deux pays.

À la faveur d’une opération dite “Fire for Fire” au cours de laquelle l’un des fils du président Kérékou, le député Modeste Kérékou, a vu son véhicule arraché par les policiers nigérians alors qu’il se rendait à l’Assemblée nationale, à Porto-Novo en 2003 ou la récente incursion des douaniers nigérians armés sur le territoire béninois, sans autorisation, selon des sources révèlent l’une des facettes des relations entre les deux États. Retour sur des paroles et des actes qui mettent en mal le principe de “bon” voisinage.

Le ministre des Affaires étrangères proteste face à l’Ambassadeur nigérian

Hier samedi, Cotonou a jugé “inacceptable” les actes de Nigérians en terre béninoise. Cette protestation ne vient pas d’un couteau anonyme à Abuja. Non, elle émane de Aurelien Agbénonci, le ministre des Affaires étrangères et de la coopération du Bénin. M. Agbénonci a convoqué l’Ambassadeur nigérian, Emmanuel Kayode pour lui signifier le mécontentement du Bénin suite aux événements qui ont eu lieu le 14 novembre dans la localité de la commune d’Adja-Ouèrè, frontalière au Nigéria. « Vive protestation du ministre des Affaires étrangères et de la coopération M. Aurelien Agbénonci suite aux incidents inacceptables intervenus dans des régions frontalières bénino-nigérianes sur le territoire béninois », peut-on lire dans un communiqué rendu public sur la page officielle du Ministère des Affaires étrangères. Dans les détails, selon des sources, des douaniers nigérians armés auraient franchi sans autorisation les frontières béninoises. De même, dans la localité de Ita-Egbèbi, commune d’Adja-Ouèrè, des Nigérians non identifiés auraient éventré des boutiques de sacs de riz appartenant à des Béninois. Cette accusation au parfum de conflit fait suite à la fermeture des frontières entre le Bénin et le Nigeria.
En effet, depuis le 20 août, le Nigeria est en colère contre le Bénin et ferme ses points de passage frontaliers au Bénin. La pomme de discorde est quasi-historique entre Cotonou et Abuja. Le deuxième juge que le premier n’a toujours pas engagé les réformes structurelles suffisantes afin de lutter contre le commerce frauduleux entre les deux peuples. Le président béninois, Patrice Talon qui visiblement a tardé sur ce dossier au début de son quinquennat a, depuis, pressé le pas mais pas encore suffisant pour Muhammadu Buhari, président du Nigeria.

Talon et Buhari

L’affaire Hamani Tidjani en 2003

Les relations parfois tumultueuses entre les deux pays ne datent pas d’aujourd’hui. 9 août 2003. Le Nigeria déborde de colère et ferme ses frontières qu’il partage avec le Bénin. Et pour cause, originaire du Niger installé au Bénin et spécialisé dans la vente des voitures de luxe, est accusé de recéleur de voitures volées au marché presque illimité du Nigeria en complicité avec des personnalités de la vie politique et administrative, notamment le ministre de l’Intérieur, Daniel Tawema. A l’époque, les vols de voitures au Nigeria se font souvent de la manière la plus brutale. Alors, une action policière du Nigeria à grande échelle contre les voleurs de voitures est lancée en direction du Bénin accusé de ne faire aucun effort pour lutter contre la criminalité transfrontalière.
Pour apaiser la situation et à la demande du Bénin, le 14 août 2003, un sommet s’est tenu entre les deux chefs d’État du Nigéria et du Bénin dans la ville frontalière de Badagri, située au Nigéria. Là, tout en colère et sur ton paternaliste, le président nigérian Obasandjo indique clairement au président Mathieu Kérékou qu’il voulait Hamani vivant ou mort. Un ton soutenu un inspecteur général de la police nigériane, Tafa Balogoun qui débarque à Cotonou avec ses éléments et lancent l’opération “ Fire for fire” (Feu contre feu). « Environ 200 véhicules ont été ainsi contrôlés; neuf véhicules d’origine douteuse ont déjà été convoyés vers le Nigeria, et huit criminels déjà extradés. Des domiciles de plusieurs personnalités, notamment des ministres et des députés, ont été perquisitionnés » selon le commissaire Francis Béhanzin, porte-parole de la police béninoise à l’époque, avait rapporté le journal Le Matinal. Hamani Tidjani sera par la suite arrêté et extradé vers le Nigeria.

Venance Tonongbé

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