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Insalubrité à Cotonou : sur les traces de l’incivisme et des défaillances du système d’assainissement

On l’appelle Cotonou la belle ! Surtout à la veille des fêtes : indépendance, Noël.. Mais la “belle cité”, capitale économique du Bénin a une face cachée. Cotonou ploie sous le poids des ordures et de l’insalubrité dans certains quartiers. De Vèdoko à Zongo en passant par Sainte Rita, Agontikon et autres, les ordures de toutes natures et autres actes d’insalubrité vous donnent rendez-vous. Un tour dans des quartiers de Cotonou pour nous en rendre compte.

Tas d’immondices à proximité d’une habitation

Quartier Sainte Rita ! Il est 10 h ce jeudi 12 septembre 2018. Sur la voie non bitumée, après l’hôpital Saint Luc. Ici, une rigole d’environ deux cents mètres est envahie par les herbes et de l’eau qui y stagne. Une vendeuse ambulante y déverse de passage, son plateau rempli de peau d’oranges. Plus loin, une autre dame renverse des détritus de charbon divisant la voie en deux.

Eau et ordures ménagères côtoient les maisons

A la question de savoir pourquoi tant d’insalubrité dans le quartier, Viviane. A, une riveraine, explique : « Je suis fatiguée d’être la seule à faire la propreté de cette rigole. C’est vrai que ça nous produit des moustiques, beaucoup de moustiques. Quand je sensibilise les autres femmes du quartier pour le faire, elles me répondent qu’elles ne craignent pas les moustiques puisque le gouvernement a partagé il y a quelques années des moustiquaires imprégnées ».

Mauvaises herbes, nids de moustiques

Un jeune garçon de vingtaine d’années, Pierre G, rencontré dans le quartier, nous a fourni une autre raison de l’abandon des actes de nettoyage : « Nous avions pris l’habitude de nettoyer ces rigoles au moins une fois par mois. Mais nous avons été découragés par les riverains qui les transforment en dépotoir d’ordures. Ils y déversent toutes sortes de déchets et même parfois des excréments. En plus, nous avons demandé des petites motivations de la part des habitants du coin pour acheter du savon et de l’eau de javel à la fin des travaux. Les contributions étaient dérisoires, proches de la moquerie. Ayant constaté le manque de motivation, nous avons fini aussi par nous décourager ». Au moment où nous parcourions le quartier, le chef quartier était absent.

Eaux usées…

Copie conforme au niveau de “Ladji”. Ici, saleté et habitants se côtoient dans une curieuse harmonie. La pluie tombée à la veille avant notre arrivée n’a pas arrangé la situation. Une odeur nauséabonde flotte dans l’air. Situation identique du côté du quartier “Zongo”. Des marres d’eau par-ci, des ordures abandonnées par-là, côtoient des habitations.

Certes les efforts de la mairie qui a déployé des équipes de balayeurs avec des brouettes et des balais dans la ville sont visibles. Mais ces agents d’entretien se limitent au niveau des rues principales et boulevards. Les ruelles des quartiers qui habitent des tas d’immondices et les eaux stagnantes restent un défit pour le système d’assainissement de Cotonou dite la belle.

Venance Tonongbé

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