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Vente ambulante de repas à Cotonou ou santé en péril

La vente de la nourriture se fait dans le cadre formel à travers les hôtels et surtout les restaurants. Elle se fait aussi dans l’informel à travers les restaurants de fortune aux abords des voies et par des vendeuses de nourriture itinérantes qui la transporte sur la tête et parcourant les quartiers. S’il est vrai que chaque catégorie de vente de nourriture correspond à type de clientèle, il reste quand même que la nourriture vendue de façon itinérante pose un sérieux problème d’hygiène.

Ce ne sont pas les aliments proposés aux clients qui sont de qualité douteuse. Ce sont plutôt les couverts utilisés : les plats, les cuillères et les fourchettes. A la différence des vendeuses de nourriture qui sont installées sur place, celles qui se promènent avec de la nourriture éprouvent du mal à remplir toutes les précautions liées à l’hygiène. Nous avons suiviau quartier Sikècodji à Cotonou, une vendeuse de haricot mélangé avec du gari, une spécialité béninoise.

Un plat de haricot avec du gari

Le plateau déposé sur la tête comporte les marmites et les couverts, pendant qu’une main porte un seau contenant de l’eau. C’est cette eau qui est utilisée pour nettoyer les couverts ( plats, cuillères et fourchettes). Et c’est à ce niveau de l’utilisation de cette eau qu’un sérieux problème d’hygiène se pose. Au constat, la vendeuse nettoie les couverts avec une éponge sans savon. On peut dire qu’elle y passe juste de l’eau. Comment peut-on servir à différents clients des couverts utilisés par des personnes auparavant sans les laver convenablement ?

C’est à ce niveau que se situe aussi la différence avec les vendeuses stables de nourriture. Ces dernières, possèdent des cuvettes d’eau et du savon pour laver et rincer les couverts. Mieux, on y observe une petite marmite qui est maintenue au feu contenant de l’eau chaude dans laquelle sont plongées les cuillères et les fourchettes.

Certains clients consommateurs de ces repas itinérants, possèdent leurs couverts dans les ateliers et postes de travail. Ils expliquent que ces pour éviter des maladies contagieuses, qu’ils gardent ces couverts dans leurs lieux de service. Pauline, apprentie dans un atelier de couture trouve que « ces vendeuses itinérantes de nourriture préparent bien, mais c’est la tenue de leurs couverts qui fait problème ».

C’est justement ce problème qu’il faut prendre au sérieux. Puisque que l’utilisation de ces couverts nettoyés avec la simple eau, peut constituer un vrai canal de propagation de maladie. Comment faire donc concilier la recherche de la pitance de ces femmes vendeuses ambulantes de nourriture avec les exigences d’hygiène ? Là reste la grande question à laquelle, autorité, spécialiste de la santé publique et regroupement des vendeuses devront rechercher solution.

Mathieu Toko

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