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Bénin gouvernance : Ce qu’il faut dire à Talon

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Et c’est toi que nous chargeons d’aller ‘‘lui dire nos quatre vérités’’. Simples comme bonjour. Vérité 1 : ‘‘Dieu aime le Bénin.’’ Dieu a donc une prédilection pour les Béninois. Il les traite avec tact. Confronté à leurs habitudes qu’on peut dire étranges, il se lisse la barbe et laisse filer. ‘‘Le Bénin, plaque tournante de la drogue.’’ Et alors ? Dieu sait que nous n’avons pas le sous-sol qu’il faut pour nous enrichir. Or Il ne nous a pas créés pour vivre en platitude mais pour exister en altitude. La cocaïne que nous faisons transiter par le Bénin offre des paradis artificiels aux désespérés de France et de Navarre, du Nigéria et des Etats-Unis. Et c’est une bonne action. Elle fait aussi grand bien au Bénin grâce à nos dépenses immenses dont les gens pauvres recueillent avec reconnaissance les retombées abondantes. Car ‘‘quand la barbe est mouillée, le menton s’en ressent’’. C’est ce que Macron appelle ‘‘le ruissellement’’. Au nom de quoi il laisse les riches s’enrichir afin que les Gilets Jaunes s’en ressentent les samedis aux carrefours de la bouffe et du vandalisme. Nous saluons le flair jupitérien du Président Français. Tu diras au nôtre que la richesse des riches n’a que du bon.
Vérité 2 : ‘‘On ne refuse pas une invitation, mais on peut refuser ce qui s’ensuit’’. Oui, ce fameux code électoral et ce qui s’ensuit, à savoir article 242, certificat de conformité, rencontres du 25 février et du 6 mars, et tutti quanti. Si les mots s’accumulent et s’étirent en maux, c’est parce que nous avons dit oui à ce foutu code sans savoir ce qu’il y avait derrière. Maintenant nous le savons, et nous disons non. Les partis politiques en foule et en vrac, très bien pour notre démocratie. L’impunité parlementaire, formidable pour les députés voués au négoce afin d’optimiser le ruissellement macronien sur nos miséreux électeurs. Et l’on appréciera toujours que le député de la Nation, enrichi par les affaires, aille souvent honorer son village natal, royaume de la grisaille et du béribéri. Etc. Or cette belle ère de jouissance risque de sombrer, le 28 avril, dans la forêt cachée par l’arbre du nouveau code électoral. Notre porte-parole, le philosophe CANAZ, théorise le statu quo ante. Mais il est ondoyant. Toi, c’est droit dans tes bottes que tu parleras à notre Président pour qu’il nous aide comme il a aidé pharmaciens et protestants. Il répudie la rigueur et propulse au Parlement ceux qui violent les textes de la République. Le cynisme d’Etat n’a jamais tué personne au Bénin, sauf des paysans d’Aja-Wêrê, Pierre-Urbain, Bernadette, etc. Morts oubliés. Et tout va très bien.
Vérité 3 : ‘‘Les pauvres, vous les aurez toujours avec vous.’’ C’est dans l’évangile, et notre Président le sait parce qu’il va à la messe. Mais il aura oublié que l’évangile, c’est la parole vivante du Dieu vivant et que, donc, son idée de se substituer à Dieu pour ‘‘combler de biens les affamés’’ frise le blasphème. Car en plus des Béninois, Dieu aime les pauvres. Au séminaire Saint-Gall de Ouidah se dresse, toute blanche, ‘‘Notre Dame des Pauvres’’. Son pendant, ‘‘Notre Dame des Riches’’, est impensable et impensé. Dès lors, plus d’asphaltage, plus d’eau potable, plus d’énergie électrique, et tout le tremblement, pour que les pauvres en profitent, c’est tout à fait indécent. En bon menton que sont les pauvres, ils se retrouvent toujours dans le ruissellement de Macron et dans la barbe mouillée de l’adage Fon.
Vérité 4 : ‘‘Savoir raison garder.’’ Suite à des œillades emplies de sens et à la remise de valises emplies de puissance, ses prédécesseurs, emplis de bon sens, ont rendu gorge et stoppé net la déraison de la lutte contre la corruption qui est une lutte contre nous. Mais lui persiste et signe malgré nos appels du pied. Fais-lui capter que sa résistance nous épuise.
Oui, avale encore un verre pour que ta mission devienne claire. Mais ne va pas à lui en l’état éthylico-joyeux qu’aime tant notre luminosité. Lui préfère la simple lucidité. Si donc tu t’en vas sourire aux étoiles, lui t’enverra sur les roses. Allez, Bon vent à toi. Sauve-nous !

Roger Gbégnonvi


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