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Législatives 2019 : faut-il rajeunir le parlement béninois ?

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A un peu plus de deux mois des élections qui doivent consacrer le renouvellement du parlement béninois, la toile s’enflamme quant au positionnement des jeunes au détriment des parlementaires patriarches sur les listes électorales. Après le retrait de l’ancien président de l’assemblée nationale, Mathurin Coffi Nago de la politique, les jeunes sont désormais convaincus que l’heure est venue pour eux de chasser de la bâtisse parlementaire, les papas et pépés députés. Et à ce sujet, ils semblent avoir les bénédictions de l’actuel locataire de la Marina qui s’appliquent, depuis son avènement au pouvoir, à réduire les marges de manoeuvre de la vieille classe politique. Nouvelle charte des partis politiques, nouveau code électoral, risque de non positionnement des vieux routards sur les listes de la mouvance, quitus fiscal…, tout est fait pour contraindre la vieille classe politique à prendre sa retraite malgré elle. Pourtant, ce processus de rajeunissement de la classe politique béninoise et du parlement, ne devrait pas être applaudi comme une panacée pour les errements politiques du pays depuis 1960. Certes, les jeunes, si ambitieux, peuvent être de véritables acteurs de développement car mus par des idéaux et des principes capables d’y contribuer. Mais pour que cela soit possible, il faut bien un jeunesse désintéressée et capable de résister à toutes les influences voire celle du pouvoir de l’argent. Et c’est bien évidemment sur ce plan que cette jeunesse béninoise, vent debout, ne rassure pas. Quand on connait le montant des cautions de candidature à ces législatives, on peut bien se demander comment cette jeunesse qui espère s’arroger le pouvoir législatif au soir du 28 avril, entend payer cette somme faramineuse sans se faire doper. La volonté du pouvoir de la rupture de s’assurer une majorité confortable au parlement pour donner caution aux réformes peut le pousser à financer de jeunes candidats dépourvus de moyens. Ce faisant, il faut craindre que la prochaine majorité parlementaire, rajeunie à volonté, soit une majorité aux ordres, impassible face aux desseins inavoués d’un pouvoir dont les ambitions réelles sont toujours redoutées de certains compatriotes. Alors, de toute évidence, le rajeunissement du parlement béninois ne doit pas être perçu comme un processus d’exorcisme des maux qui nous rongent. La politique étant devenu, chez nous, un moyen d’enrichissement et un vecteur avéré de corruption, de favoritisme, de clientélisme et d’ascension sociale, ce n’est pas forcément sur une jeunesse aussi avide que les aînés qu’il faut surtout compter pour nous sortir des lendemains qui chantent. Les législatives 2019 ne devraient pas être une querelle des Anciens et des Modernes mais plutôt un exercice de consécration de la probité et du patriotisme en ruine. Autrement, on aura donné caution à la perpétuation de la forfaiture politique; ce mal qui plonge nos espoirs au profit de nos éternels bourreaux jouflus et pansus.

Raoul HOUNTONDJI


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