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Au Bénin, 7 personnes sur 10 ne se lavent pas les mains, 7000 morts par an…

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Consacrer toute une journée, au plan mondial, aux questions de toilettes chaque 19 novembre peut paraître anodin. Mais il y a urgence lorsqu’on tombe sur des chiffres aussi surprenants que réalistes, au Bénin. Face à ses confrères du club press Café Médias Plus, le journaliste, Alain Tossounon, Spécialiste en eau et  environnement a dressé le tableau : 87% de personnes vivent avec des toilettes non améliorées, résultats de l’enquête démographique de santé 2017. Or la fin de la défécation à l’air libre est fixée à 2030. États des lieux et actions !

« En 2010, le programme eau et assainissement de la banque mondiale a indiqué que chaque année, au Bénin, 7 mille Béninois, dont 4300 de moins de 5 ans meurent à cause de maladies qui à 90% sont liées à l’impureté de l’eau et du mauvais assainissement », rappelle Alain Tossounon , le vendredi 30 novembre dernier. « Plus récent, en 2017, 80% personnes vivent avec des toilettes non améliorées », précise le spécialiste. Pour Tossounon, parlant de toilettes non améliorées, il faut comprendre qu’il s’agit des latrines ou fausses creusées sans dispositions nécessaires pour éviter les contaminations avec la nappe phréatique ou des toilettes ne disposant pas d’eaux et du savon pour se laver les mains après défécation.

Urgence

L’année 2016 a été marquée par plusieurs épisodes d’épidémies de choléra. Le dernier a duré du 9 août au 24 novembre 2016 et a enregistré 678 cas au total, dont 13 décès soit une létalité de 1,92 %. Avant cette épidémie de choléra, le pays a aussi connu du 21 janvier au 18 avril 2016, 100 cas enregistrés de fièvre hémorragique à virus Lassa dont 39 décès.

En bleu, Alain Tossounon, face aux professionnels des médias du Bénin
En vert , Alain Tossounon, face aux professionnels des médias du Bénin

Et pourtant…

Le sous-secteur de l’assainissement dans les politiques et stratégies nationales de développement n’est pas une priorité. Une situation qui fait que le sous-secteur ne bénéficie pas de l’attention requise pour engager les actions indispensables pour améliorer le taux d’accès des populations aux toilettes et aux systèmes adéquats d’assainissement. On estime à 10 milliards de F CFA (20 millions US$) par an, le déficit de financement du sous-secteur entre 2013 et 2017.
Les efforts entrepris jusque-là se limitent à l’adoption d’une nouvelle Stratégie Nationale de Promotion de l’Hygiène et de l’Assainissement de Base (SNPHAB) ainsi qu’à la validation de la stratégie nationale de surveillance de la qualité de l’eau de consommation.
À cela s’ajoute, l’inadéquation entre l’instrument juridique du Bénin en matière d’hygiène publique et les exigences de l’heure. « Le code de l’hygiène publique qui date de 1987, avant même la loi sur la décentralisation n’a jamais été révisé », déplore le journaliste. Et pourtant l’hygiène et l’assainissement public sont du ressort des Maires.

Actions !

Pour l’invité Café Médias Plus, il faut multiplier la construction des toilettes publiques et les entretenir. Pour cela, le sous-secteur de l’hygiène et de l’assaisonnement doit être une priorité pour les gouvernants car il reste noyé au ministère de la santé. « D’une direction on est passé à deux services sous Boni Yayi et maintenant on est à un service », regrette Tossounon.
Le spécialiste plaide aussi pour la restauration des comités de santé dans les écoles pour sensibiliser aussi bien les apprenants que les enseignants en matière de bonnes pratiques en hygiène et assainissement. De même, il ne faut plus construire des écoles dépourvues de toilettes. Mieux, ces toilettes ne doivent pas être éloignées des écoles, dans la brousse car l’apprenant préfère déféquer à côté de sa classe à l’air libre que de traverser la brousse. L’invité appelle aussi les jeunes à s’investir dans la construction des toilettes publiques dans les marchés et lieux publics car c’est une niche de richesse.
À l’endroit de l’État, Tossounon pense qu’on peut ne pas investir des milliards pour l’accès à l’eau potable mais pas un minimum pour l’hygiène et l’assainissement. Car on peut bien avoir de l’eau potable à la source mais quid de sa qualité dans les ménages. D’où il est nécessaire de permettre aux spécialistes d’aller échanger avec les populations pour un changement de comportement. Seulement moins de 300 millions seront consacrés à ce sous-secteur dans le budget général de l’État actuellement en étude sur la table des députés.

Venance Tonongbé


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