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Sécurité des journalistes : Ces erreurs qui peuvent coûter la vie

« Lorsqu’on vous appelle et vous allez à une assemblée, quel est le dispositif que vous prenez ? Lorsque vous allez couvrir une campagne électorale, quel est le dispositif que vous mettez en place ? Lorsque quelqu’un vous envoie un véhicule pour vous chercher pour une couverture médiatique, assurez-vous votre sécurité ? Lorsque nous allons dans une conférence de presse et qu’on nous offre une collation à la fin, posez-vous des questions sur le contenu de ce qu’on vous offre ? » Invité du club de presse “ Café média plus ”, le vendredi 26 octobre 2018, voilà autant de questions un peu anxiogènes mais lucides posées par Gérard Guèdègbé, aux professionnels des médias présents et qui révèlent l’état fatal des risques que prennent certains journalistes.

En comparant les mesures sécuritaires prises par Jamal Kashoggi et qui n’ont pas empêché qu’il soit assassiné; aux faits et gestes des confrères béninois, l’expert médias s’est dit profondément préoccupé par la sécurité des journalistes. « La plupart des journalistes ne prennent pas leur sécurité au sérieux », regrette l’invité.

Un journaliste n’est pas un chien de compagnie

Pour Gérard Guèdègbé, le rôle du journaliste, c’est d’abord attirer l’attention sur ce qu’il reste à faire. Par conséquent il doit déranger des intérêts. « Si vous êtes journaliste et que vous ne dérangez pas, vous êtes un chien de compagnie », tranche le consultant médias. Mieux, pour Guèdègbé, le caractère très stratégique de l’information dans la gouvernance mondiale que revêt l’information aujourd’hui place le journaliste qui n’a que seul “ingrédient d’actions et de prestation”, l’information dans la ligne de mire : « on avait juste besoin de l’information du journaliste pour ne pas avoir le paludisme. Mais aujourd’hui, on a besoin de l’information pour manipuler le peuple ». Ce faisant, le journaliste ne peut savoir tous les intérêts qu’il gêne dans l’exercice de sa fonction.

Au milieu, Gérard Guèdègbé, invité CMP

« Quand on vous gifle la nuit, vous vous dites “c’est parce que je critique le pouvoir ”. Non peut être qu’il n’en sait rien. Le journaliste ne peut savoir jusqu’où son acte peut causer des préjudices à autrui », fait observer Guèdègbé avant de suggérer aux confrères de ne jamais aller à un rendez-vous professionnel même à une interview sans informer quelqu’un au préalable. De même il faut privilégier les espaces publics dans les rencontres professionnels.
Dans la même veine d’idée, l’invité a attiré l’attention des professionnels des médias sur la sécurité digitale. Selon l’invité, autant le téléphone par exemple est un outil indispensable pour le journaliste autant il faut savoir en faire usage pour ne pas exposer et sa source et sa vie. Dans tous les cas, « aucun article (de presse) ne vaut la vie d’un journaliste », a martelé Gérard Guèdègbé.

Venance Tonongbé

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