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10 jours de grève par an au Bénin: « ça n’a aucun sens en terme de gouvernance », Anselme Amoussou

Modéré, comme il se définit lui-même, il s’est toutefois montré sans langue de bois à l’occasion. Lors de son passage au club press “ Café Média Plus ”, vendredi 14 septembre 2018 à Cotonou, Anselme Amoussou, Secrétaire général de la Confédération des syndicats autonomes du Bénin (CSA-Bénin), s’est alternativement montré offensif pour dénoncer la logique de la gouvernance Talon, le vote des députés pour encadrer le droit de grève et précis pour peindre la part de responsabilité des centrales syndicales. « Lorsque des gouvernants en arrivent à trouver des moyens pour empêcher les gens de s’exprimer, c’est la preuve que le dialogue social est en panne. », a t-il constaté.

Réduire le droit de grève dans l’enseignement à 10 jours par an « n’est pas la solution » aux problèmes, se désole le syndicaliste. Pour lui, un seul jour de grève dans l’enseignement doit être une préoccupation lorsqu’on est « un gouvernement vraiment responsable ». « Ils (les gouvernants) se disent qu’en 10 jours, il n’aura pas trop de dégâts(…) On nous habitue à la grève au lieu d’échanger avec les gens », commente M. Amoussou.
Et ceci n’est pas sans la complicité des parlementaires d’où il accuse: « vous avez vu ce qu’ils ont fait ? Ils sont comme des députés aux ordres. Ça fait froid au dos ». Et de poursuivre: « On a le sentiment qu’ils ont une parcelle de pouvoir et dès qu’on est mécontent de la maison, on vient au Parlement et on légifère. » Et pourtant, suite à une décision du professeur Holo, alors président de la Cour constitutionnelle,  appelant à un encadrement de la grève, le Secrétaire général révèle que sa confédération s’était rapprochée d’un certain nombre de députés notamment les honorables Louis Vlavonou, Dakpè Sossou et Orden Alladatin leur demandant de discuter avec les acteurs avant tout encadrement.

Lire aussi: Anselme Amoussou, CSA-Bénin: la dernière grève est une honte nationale pour les confédérations

Recours vers les institutions nationales et internationales

Ne pas privilégier l’affrontement direct avec le gouvernement, c’est l’une de ses lubies. Il rappelle: « Quand par exemple le gouvernement pose un acte et qu’au lieu d’aller tout de suite à l’affrontement, je dis que les confédérations vont saisir la Cour constitutionnelle, vont saisir la Cour suprême, vont saisir telle ou telle institution internationale, on dit non, ce ne sont pas des lutteurs, il faut aller toute de suite à un mouvement de grève. Cela paraît comme la faiblesse des confédérations ». Conséquence, les gouvernants sont contraints de restreindre le droit de grève, semble souligner le syndicaliste. D’ailleurs, il se fait plus précis: « Nous sommes nous même conscients qu’il y a un certain nombre de dérives dans nos pratiques syndicales. Mais nous devrions nous asseoir pour en discuter pour que l’encadrement n’apparaisse pas comme une restriction de liberté. »

Les nouvelles armes ?

« Aujourd’hui, nous syndicalistes, avons presqu’un genou à terre. Donc quand vous avez un genou à terre, vous n’engagez pas un combat. Vous vous relevez d’abord. Nous travaillons à nous relever et que la crise de confiance soit conjuguée au passé entre nos mandants et nous. Et vous verrez que dans ce pays l’existence de la loi sera une réalité mais que les gens n’auront même pas le courage de l’appliquer » a souligné Anselme Amoussou.

Il conclut que le moment est venu d’explorer d’autres voies, d’autres “ stratégies parfois très utiles à utiliser” tels que les contacts informels, les plaidoyer, et le lobbying.

Venance Tonongbé

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