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Anselme Amoussou, CSA-Bénin: La dernière grève est une honte nationale pour les confédérations

Secrétaire général de la Confédération des syndicats autonomes du Bénin (CSA-Bénin), Anselme Amoussou était l’invité du club press “ Café Médias Plus ”, vendredi 14 septembre 2018. Interrogé par des professionnels des médias, il est revenu sur le dernier mouvement conduit par les secrétaires généraux des centrales syndicales du Bénin. “Généraux sans troupes” ou “échec cuisant des centrales” ou encore “ grève menée pour faire campagne pour les élections professionnelles”, le syndicaliste livre son analyse.

« Nous ne devons plus continuer de faire le syndicalisme comme dans les Bouts de bois de Dieu [titre d’un roman de Ousmane sembène
qui décrit la grève que menèrent en 1947 les cheminots africains de la ligne Dakar-Niger, à l’époque coloniale ], ça n’a aucun sens », prévient d’emblée Anselme Amoussou insistant sur l’urgence d’une réforme des actions syndicales. « C’est le minimum pour nous sinon nous sommes en train d’enterrer le mouvement syndical aujourd’hui », poursuit-il.

Anselme Amoussou, Sg CSA-Bénin
Anselme Amoussou, Sg CSA-Bénin

Pour lui, les secrétaires généraux paraissent aujourd’hui comme des généraux sans troupes. Il s’interroge : « Dans la grève que nous avons traversée la derrière fois, quel est le secteur que nous avons paralysé à part l’enseignement ?» or, fait-il remarquer « Lorsque 7 confédérations signent une motion de grève, elles sont censées être à mesure de paralyser tous les secteurs d’activités dans le public comme dans le privé. » « sur 11 fédérations, dans ma confédération, je n’ai pas été en mesure de convaincre 10 de me suivre. Il n’ y a que la fédération de l’éducation qui a respecté mon mot d’ordre. Et c’est pareil dans toutes les autres confédérations. Prenez la CSTB ( Confédération générale des travailleurs du Bénin)! Ils sont 9. Sur les 9, une seule a suivi le mouvement », a t-il détaillé. Il conclut: « Même si c ‘était un demi succès au niveau de l’enseignement parce qu’on a au moins décousu avec le pouvoir pendant 3 mois, remonté au niveau des confédérations, c’était un cuisant échec. »

Le manque de confiance, une limite révélée

Tirant les leçons du dernier mouvement de grève, le secrétaire général de la CSA-Bénin, révèle que le gouvernement du Président Talon a exposé à grand jour, les limites et faiblesses des centrales syndicales en tant que force sociale. « Lorsque je suis confédération et je ne suis pas en mesure de remplir la Bourse du travail même en étant à 7, pour une mobilisation, c’est que j’ai un problème de confiance vis-à-vis de ma base », a indiqué Anselme Amoussou.

En vérité, soutient le Secrétaire général, « La dernière grève, les confédérations l’ont menée non pas pour gagner quelque chose pour les travailleurs mais plutôt pour faire campagne pour les élections professionnelles. Ça explique toutes les prises de positions. C’est une hypocrisie incroyable ».

Interrogé sur la colonne vertébrale de son mandat à la tête de la CSA-Bénin, M. Amoussou a répondu ceci: « Je ne suis pas comme les autres. Je ne suis pas comme mon prédécesseur ( Dieudonné Lokossou). Je n’ai aucun problème de conscience vis-à-vis de ce qui s’est passé. Pour moi le syndicalisme n’est pas une question de vie ou de mort. C’est ma profession qui importe pour moi.»

Venance Tonongbé

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