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Bénin – Route des pêches : Chambres de passage et paillotes démolies, les promoteurs en larme

À cotonou, capitale économique du Bénin, le long de la plage Fidjrossè-Togbin a changé de visage avec la démolition des paillotes, chambres de passage et bungalows depuis deux jours pour des raisons d’aménagement. Ce qui ne ravit pas tout le monde…

Du mercredi 24 à vendredi 26 juin, des promoteurs et gérants de paillotes et de bungalows servant de lieux de repos pour des couples amoureux, ont assisté à la démolition de leurs “entreprises”. Certains ont pleuré et la colère gronde. « Depuis les années 90, je vis de ces paillotes aujourd’hui en ruine », s’indigne le promoteur d’un espace dénommé “arc-en-ciel”.

Le promoteur de l’espace arc-en-ciel

La démolition des paillotes et bungalows conçues pour servir de chambres de passage le long de la plage Fidjrossè-Togbin, décidée par l’autorité préfectorale, rentre dans le “projet route des pêches”, renommé “ projet de développement de la zone à vocation touristique Cotonou-Ouidah”.

Certes, cette zone est un espace public. Les occupants avaient été prévenus qu’ils seront « déguerpis du domaine de l’État », avoue l’un des promoteurs de paillotes ayant élu domicile sur les lieux, Pierre A. Mais l’État s’est engagé à leur trouver un autre endroit où habiter et pour eux cela devrait inclure la protection de leurs activités génératrices de revenus. Ce que confirme une source préfectorale citée par nos confrères de 24haubenin.info dans un article sur le sujet paru le 25 juin 2020. « Le chef de l’État a demandé de les préserver. On les laisse d’abord parce que l’État va aménager un endroit pour eux avant de les déguerpir », confie la source.

Paillotes démolies

Les tenanciers de bungalows et de constructions servant de chambres de passage n’ont pas de solutions et ont « assisté impuissants au début de l’aménagement de la route des pêches à coups de démolition des activités génératrices de revenus ». Le responsable de l’espace “arc-en-ciel” est l’un d’eux. Il retient difficilement ses larmes. Les mains à la hanche, l’homme observe le reste des pailles qui avaient servi de toiture à ses paillotes. « Les jeunes que vous voyez, je les avais engagés pour travailler avec moi. Certains faisaient “garde-moto et voitures”, d’autres appellaient les clients potentiels qui veulent se reposer avec leurs copines dans mes chambres. Tous étaient payés. Mais aujourd’hui tout ça, c’est fini ! », raconte-t-il.
« Moi je perçois 1000 francs CFA par jour auprès de mon patron en dehors des petits gestes que me font certains clients. C’est avec ça que je me débrouille avec ma femme et mon enfant », témoigne l’un des jeunes chargés de trouver de potentiels clients pour “les chambres” de son patron.

Redevance…

“Nous payons des taxes”

Coco Bodjrenou Ferdinand, jeune propriétaire de paillotes, est en colère contre les agents collecteurs de taxes de la mairie d’Abomey-Calavi, commune dont relève la plage de Togbin. Il dit avoir contribué au budget de la commune, un exemplaire des reçus fiscaux en main. « Pour avoir occupé ces lieux, nous payons des taxes à la mairie. Je suis même en règle vis-à-vis de la mairie ». Comme lui, la plupart des occupants payent quelque chose dans les caisses de la commune. « Le mètre carré occupé est à 250frs et nous payons chaque année », détaille une dame sous le choc qui en appelle au secours de Dieu pour se nourrir.

Du côté des autorités préfectorales, on reconnaît que certains occupants des lieux payent des redevances. « Parmi les propriétaires des bars, il y a des gens qui payaient des redevances à la mairie. Si nous venons les casser maintenant, c’est injuste. Donc on les laisse de façon provisoire et il y aura une étude particulière pour eux. » affirme la source préfectorale, toujours rapportée par 24haubenin.info. Mais, les casses se feront au « cas par cas ».

Pour prévenir pareilles situations dommageables aux populations riveraines, tout en maintenant l’idée de faire construire des infrastructures touristiques adéquates répondant aux normes universelles le long de la plage Fidjrossè-Togbin, le Conseil des ministres en sa séance du 29 avril 2020 avait procédé à la modification du décret n° 2005-664 du 03 novembre 2005 portant classement de la zone à vocation exclusive de la route des pêches pour limiter les casses. Il a en effet redéfinit le périmètre foncier du projet dont les coordonnées géographiques sont précisées dans un nouveau décret.
Mais pour Pierre, qui a perdu sous ses yeux, ses quatres chambres de passage, cette décision du gouvernement en Conseil des ministres n’a pas résolu tous les problèmes. « Les plus pauvres comme nous allons disparaître », se résigne-t-il.

Venance TONONGBE

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