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Jif 2020 : sortons de l’utopie de l’égalité !

« Je suis de la génération égalité : Levez-vous pour les droits des femmes », tel un appel au soulèvement, c’est le thème retenu pour l’édition 2020 de la Journée internationale de la femme. Chose normale quand on s’en tient aux nombreuses discriminations et injustices sociales dont sont victimes les femmes à l’échelle de la planète. Quand on se remémore les affres des pratiques comme l’excision, le mariage forcé, le lévirat et d’autres encore, on se résout volontier à prendre fait et cause pour celles qui furent pendant longtemps et aujourd’hui encore considérées comme « le sexe faible ». Il faut avoir été une fois femme pour témoigner que si faiblesse il devrait y avoir au niveau des sexes, elle ne saurait être attribuée de fait, à celles qui endurent neuf pénibles mois de gestation suivis de la longue traversée des fastidieuses années consacrées à l’éducation des enfants. Leur mérite est donc grand et pour elles, nous devons tous nous lever pour que leur soient accordés tous les droits qui hier et aujourd’hui encore, leur sont déniés par mépris ou par orgueil masculin.

Qu’à cela ne tienne, mener pareil combat sous la bannière de considérations générationnelles, sape les bases même de cette lutte pour l’affranchissement de la femme. Supposer qu’on devrait se lever pour les droits des femmes parce qu’on serait de la génération égalité porte à croire qu’il y a une génération qui doit endosser l’entière responsabilité de l’asservissement séculier de la femme. Outre cela, c’est faire croire que toutes les barrières à l’égalité homme-femme sont maintenant tombées et que la femme est désormais égale à l’homme ou passible de l’être sous peu. Ce qui n’est pas exact. Nous sommes même encore très loin de cette égalité utopique là. Derrière les masques des politiques, organisations de la société civile et féministes de carrière, les uns et les autres sont convaincus que l’égalité entre homme et femme est une utopie qui subsistera à bien de générations encore. Car de toute évidence, les hommes n’y ont aucun intérêt et les femmes savent de façon pertinente que rien de véritable ne se fait dans ce sens au-delà des discours fleuves qui ne visent qu’à les endormir.

Ici comme ailleurs, l’émancipation de femme fait son petit bonhomme de chemin sans que l’égalité ne suive réellement. À qui la faute? Si la réponse n’est pas simple, il faut tout de même reconnaître que la caution divine ne contribue guère à cette égalité voulue et chantée sur toutes les lèvres, des moins convaincues au plus passionnées. Quand on sait que tous les livres saints et plus encore les préceptes des religions endogènes relèguent la femme au second rang de la société, rêver égalité homme-femme dans nos sociétés est une entreprise forcément désespérée. Et si en Occident, l’égalité reste encore une conquête quotidienne inlassable, ce n’est pas sous les tropiques qu’il faut espérer son essor subit. Les artifices politiques introduits ça et là dans les textes de loi en faveur des femmes ne resteront que de la poudre aux yeux si les volontés ne se vêtent pas des habits de la conviction. Même 80% de femme sur les listes électorales ne changeront pas la donne si les mâles, dans l’ombre de la mysoginie à peine dissimulée, tiennent toujours les cordons de la bourse et disposent du pouvoir d’influence des actes législatifs.

Il est donc évident que l’inégalité entre hommes et femmes n’est pas seulement imputable à la vieille génération pas plus que l’égalité entre les deux sexes ne sera l’oeuvre de la génération actuelle. Le combat se poursuivra encore sur des générations, jusqu’à ce que l’une d’entre elles se décident enfin à franchir le pas vers l’affranchissement total de la gente féminine.

Raoul HOUNTONDJI

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