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Côte d’Ivoire : Guillaume Soro, la descente aux enfers…

Lundi 23 décembre 2019, partisans et sympathisants de Guillaume Soro tentent de se mobiliser pour l’accueillir à sa résidence de Marcory à Abidjan. Mais, peine perdue! Près de 700 policiers entourent les lieux et y interdisent l’accès! Les quelques têtes brûlées de la troupe dont Simon le frère de Guillaume Soro et plusieurs députés sous immunité parlementaire sont mis aux arrêts. Entre temps, le jet privé transportant l’ancien Président de l’Assemblée nationale ivoirienne est obligé d’atterrir dans la banlieue d’Accra.

Avant même de comprendre ce qui lui arrive, Richard Adou sort Soro de sa torpeur. Le Procureur de la République annonce sur le journal de 20h à la RTI1, l’émission d’un mandat d’arrêt international contre l’ex rebelle reconverti en homme politique, pour atteinte à l’autorité de l’Etat, détournement de deniers publics et blanchiment de capitaux. En moins de 24h donc, le destin du Président de Génération et peuples solidaires (Gps), c’est le nom de son parti récemment créé, est scellé par son ancien allié. Ah oui, la politique ! Partenaires d’hier, ennemis d’aujourd’hui!
C’est en ces termes que pourrait se résumer la descente aux enfers de l’ancien chef rebelles des Forces Nouvelles (Fn).

Guillaume Soro

Il paie ainsi le prix de ses ambitions présidentielles annoncées avant l’heure, alors même que des doutes planent encore sur la candidature ou non de l’actuel locataire du palais d’Abidjan. Allassane Ouattara qui tient toujours une langue de bois à ce sujet voyait sûrement en Soro un adversaire redoutable qu’il fallait mettre hors d’état de nuire. Et avec la saisie d’Interpol, les intentions de Ouattara sont très claires, se débarasser de ce candidat gênant le plus tôt possible. Guillaume Soro est victime d’une malédiction de Gbagbo qui l’avertissait de la versatilité de Ouattara, commencent à dire certains observateurs de la vie politique ivoirienne. Tout compte fait, Soro s’est bien gourré de croire que demander à rencontrer son ancien mentor en rentrant au pays aurait été une façon de s’attirer sa sympathie. Cette erreur politique lui coûte maintenant tous ses ennuis qui ne font que commencer. Le pire est certainement à venir. Si des députés sous immunité ont pu être mis aux arrêts sans aucune procédure légale, il faut comprendre que la traque des agitateurs soroistes sera sans merci et la ferveur des soulèvements populaires tombera très vite.

Ceux qui craignent un syndrome à la 24 décembre 1999 n’ont sûrement pas bien cerné le message que cache la venue de Macron en Côte d’Ivoire. Mieux vaut au pouvoir, en Côte d’Ivoire un Ouattara docile sans grand ménagement que des personnes qui voudront mettre à mal la quiétude de la France pour des velléités nationalistes grandissantes. Soro le sait maintenant à ses dépends. Ouattara veut règner en maître sur le château ivoirien et ce ne sont ni Bédié dont la résidence d’Abidjan est encerclée depuis ce matin par la police ni Gbagbo toujours dans les serres de la Cour Pénale Internationale (Cpi) qui l’en dissuaderont.

Raoul HOUNTONDJI

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