Bénin – UDBN : Deux défis à relever après l’obtention du récépissé d’existence légale

Fraîchement déclarée parti légalement reconnu au Bénin, l’Union démocratique pour un Bénin nouveau (Udbn) devra faire face à deux défis selon Jules Léandre Kiti, responsable de la cellule de communication du parti.

Invité, Jules Léandre Kiti au milieu des responsables de Café Médias Plus

Pendant des mois, le parti avait tenté en vain d’avoir un récépissé provisoire pour participer aux élections législatives d’avril dernier. Mais depuis le vendredi 02 août 2019, la présidente Claudine Prudencio et les militants de son parti Udbn se sont réjouient pour avoir eu enfin le récépissé définitif d’existence légale en conformité avec la nouvelle charte des partis politiques en vigueur au Bénin. Pour Jules Léandre Kiti, d’autres défis restent à venir pour le parti tant les chantiers sont nombreux, à commencer par son rapprochement du peuple et la restauration de la confiance chez les militants, deux défis les plus urgents. Il l’a fait savoir le vendredi 09 août au club de presse Café Médias Plus.

Autrefois, la distance vis-à-vis des militants était confortable pour les partis politiques. Il suffisait simplement que les formations politiques se contentent de quelques meeting pour communier avec les militants. Mais aujourd’hui, la propension à utiliser les réseaux sociaux comme moyens de communication, ces dix (10 )derrières années, par les citoyens a profondément changé les rapports entre eux et les états majors des formations politiques, constate M. Kiti. Le premier défi pour l’Udbn est donc de se rapprocher du peuple électeur qui s’exprime quotidiennement sur les réseaux sociaux. « Il n’y a qu’à regarder chaque matin, sur Facebook, sur les réseaux sociaux, vous allez comprendre qu’aujourd’hui dans le dernier retranchement d’un Béninois, devant son smartphone, il se lève le matin, s’il est rassasié d’aspiration dont il ne trouve pas satisfaction, il vous bombarde ça sur les réseaux sociaux. Aujourd’hui, acteurs politiques que vous êtes, dans votre bunker, le citoyen, le dernier a la possibilité de vous balancer en plein visage ce qui ne va pas. Donc les partis politiques ont aujourd’hui l’obligation d’être plus proches du peuple, d’être adaptés aux moyens de communication avec ce peuple là », soutient l’ancien journaliste devenu communicant politique.
C’est pourquoi, pour être plus proche du peuple, la formation politique présidée par Claudine Prudencio s’est dotée d’une structure qui se charge de recueillir les aspirations des militants afin d’y apporter des réponses. « L’Udbn a aujourd’hui comme pilier en plus des structures classiques d’un parti politique, ce qu’on appelle les cercles de qualité. Sur les questions de stratégie politique, vous avez des gens futés qui réfléchissent à ça, qui produisent des documents pour la présidence du parti et son bureau politique. Sur les questions d’ordre juridiques, sur les questions environnementales, sur des questions d’économie… », explique l’invité de Café Médias Plus.

Claudine Prudencio, présidente de L’Udbn

Le second défi pour l’Udbn est de restaurer la confiance chez les militants du parti. En effet, la non participation aux élections législatives dernières, conséquence du défaut d’obtention du certificat provisoire de conformité à la nouvelle charte des partis politiques a été une situation malheureuse vite récupérée par ses adversaires politiques. Selon Jules Léandre Kiti, certaines officines politiques, dans le but de détourner les militants de l’Udbn, véhiculent que le parti n’a pas de “papier”. Pire, certains estiment qu’une femme à la tête d’un parti politique est un handicap car « les femmes, ça va crier, ça va faire effet esthétique et puis ça va s’éteindre ». « C’est avoir une vue courte des choses », répond le responsable à la communication du parti.
La capacité du seul parti présidé par une femme à relever ces deux défis se jugera à l’aune des prochaines élections municipales et communales.

Venance Tonongbé