Présidentielle RD Congo : Le hold-up parfait de Kabila !

Alea jacta est ! C’est ce qu’on pourrait dire de la présidentielle du 30 décembre 2018 en République Démocratique du Congo. Alors même que la délégation de l’Union africaine devait se rendre dans le pays ce lundi pour soumettre l’homme fort de Kinshasa à des épreuves qui n’étaient pas de son goût, elle a été prise de court. En entérinant les résultats provisoires de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), la cour constitutionnelle à cloué le bec à l’organisation panafricaine, qui avait jeudi, exigé la suspension du processus de proclamation des résultats de la présidentielle, résultats contestés par le candidat Martin Fayulu venu en deuxième position selon les résultats de la Céni. Mais ce camouflet de la cours constitutionnelle sonne comme un sacre pour le président congolais sortant, le très énigmatique Joseph Kabila Kabangué. Après s’être offert un bonus de plus de deux ans au pouvoir – l’élection présidentielle devait être organisée depuis deux ans -, Kabila a su manoeuvrer pour que le pouvoir ne tombe pas dans des mains aux desseins inconnus. Si malgré les procès verbaux exhibés par la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), donnant Fayulu élu et non Tshisekedi, la cour a déclaré le second élu président, c’est justement parce que les dés étaient pipés dès le départ.

Félix Tshisekedi, nouveau président élu de la RDC proclamé par la Cour

Le revirement spectaculaire de Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe au lendemain de la désignation du candidat unique de l’opposition à Bruxelles, étaient déjà les signes avant coureur de ce que Kabila ne voulait aucunement cédé le pouvoir à Fayulu. À y voir de près, cette défection de Tshisekedi avait tout l’air d’un complot ourdi contre la personne de Fayulu redoutée par le pouvoir Kabila. Au bout de ce processus électoral on ne peut plus mal organisé qui consacre l’accession au pouvoir de l’union pour la démocratie et le progrès social (Udps) de Feu Étienne Tshisekedi, père du président élu, on constate que ce dernier n’était que le second couteau de Kabila. Après seize ans de pouvoir, on s’imagine bien que celui-ci n’avait pas intérêt à ce que le pouvoir tombe dans les mains de quelqu’un qui voudrait nettoyer les écuries d’Augias. Et à cet effet, Tshisekedi fils est celui qui pourrait mieux garder les arrières de l’actuel locataire du palais de Kinshasa, tellement les connivences entre les deux paraissent évidentes. Alors, tout est bien qui finit bien, pourraient dire les Congolais puisque Kabila quitte enfin le pouvoir. Seulement, il faut craindre que son départ ne soit que de façade quand on sait que Tshisekedi lui sera redevable de cette élection toujours contestée par Fayulu. À moins donc d’un affranchissement spectaculaire de celui-ci de Joseph Kabila, le pouvoir et la gouvernance Tshisekedi risquent d’être une copie parfaite des années Kabila.

Raoul HOUNTONDJI