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Côte d’Ivoire : Allassane Ouattara fait main basse sur la présidence

Allassane Dramane Ouattara (Ado) jette enfin le masque. Depuis l’initiative du dernier projet de révision constitutionnelle de 2017, la rumeur courait que l’homme fort d’Abidjan n’était pas prêt à rendre le tablier. Les Ivoiriens sont désormais situés sur la question.

C’est à l’Agence France Presse (Afp) que le chef de d’Etat ivoirien a craché le morceau, ce 2 juin. « J’avais décidé de faire deux mandats mais la stabilité de mon pays et la paix passent avant mes principes. La nouvelle constitution m’autorise à faire deux autres mandats à partir de 2020. », c’est en ces termes que le Président Ouattara a levé le doute sur sa probable candidature à la présidence en 2020. Le peuple ivoirien est donc désormais situé sur la question. Alors même que la guerre de succession fait déjà rage aussi bien dans les rangs du Rassemblement des Républicains (Rdr), parti d’Allassane Ouattara, mais plus encore, au sein du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci), Ouattara fait plutôt l’option de la « trahison ».

Ado et Henry Konan Bedié, alliés jusqu'à quand ?
Ado et Henri Konan Bedié, alliés jusqu’à quand ?

Selon les clauses du fameux appel de Daoukro du 17 septembre 2014, les partis membres du Rassemblement des Houphouetistes pour la Démocratie et le Progrès (Rhdp), devaient tous soutenir la candidature d’Ado à la présidentielle de 2015 afin qu’en 2020, ce dernier accepte une alternance au pouvoir en faveur d’un candidat du Pdci. Il est désormais clair pour les uns et les autres qu’il n’en sera puisque Ouattara compte encore régner sur le Palais des Hôtes pour dix ans au moins. Le prétexte de la stabilité et de la paix, qui devrait faire rougir de colère celui que Ouattara appelle affectueusement son aîné, l’ancien président Henri Konan Bedié ne devrait pourtant pas étonner. Il est de coutume pour les chefs d’Etat africains d’user de ces alibis pour se maintenir, éperdument, au pouvoir. Ouattara ne fait donc que se conformer à une règle du syndicat des chefs d’Etat africains. Seulement, la facture de ce passage en force risque d’être salée pour la Côte d’ivoire. Face à l’appétit de plus en plus grandissant de certains anciens protagonistes de la crise ivoirienne pour le fauteuil présidentiel, il faut craindre le retour des vieux démons. Alors, aussi banale que puisse paraître cette décision d’Allassane Ouattara, elle pourrait avoir de sérieuses répercussions pour l’avenir de la Côte d’Ivoire.

Raoul HOUNTONDJI

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